[PLAYERS] Coursera : les MOOC peuvent-ils changer le monde ?

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Le 19 / 09 / 13 | Posté par la rédaction de SFR PLAYER
[PLAYERS] Coursera : les MOOC peuvent-ils changer le monde ?

Les MOOC vont-ils changer le monde ? Interview avec Daphne Koller, cofondatrice de Coursera et professeur à l’université Stanford.

On a peine à croire que Coursera a été lancé il y a un an seulement : le site s’est déjà positionné comme la plus importante plateforme de MOOC au monde, et sa légitimité et sa popularité grandissent chaque jour. Un grand planisphère est accroché au mur des bureaux de la société, à Moutain View, en Californie. Chacune des universités, autour du monde, qui présentent des cours sur la plateforme, y est identifiée par un point de couleur – et elles sont de plus en plus nombreuses. Daphne Koller mentionne qu’une nouvelle université française rejoindra bientôt Coursera, et que ce sera « un événement exceptionnel ». Un partenariat entre Coursera et l’École polytechnique est déjà en place depuis le printemps dernier.

Selon Daphne Koller, les MOOC sont plus qu’une manière pour les universités de se faire connaître à l’international et de faire découvrir les cours qu’elles proposent aux étudiants. Ils sont sont un tremplin vers une société plus ouverte, et peut-être même vers la paix dans le monde.

Nous avons rencontré la professeur émérite en informatique de l’université Stanford et cofondatrice de Coursera pour aborder la manière dont le digital redéfinit notre accès à l’éducation.

En tant qu’enseignante, qu’est-ce qui vous a donné envie de réinventer, avec Coursera, la façon dont les universités donnent accès à leurs cours ?

L’aventure Coursera a commencé quand j’ai été invitée par l'administration de notre université et avec plusieurs autres professeurs reconnus de Stanford, à réfléchir à la manière dont le corps enseignant pourrait faire évoluer ses rapports avec les étudiants. Et ce, en encourageant le dialogue plutôt que la communication à sens unique. J’ai donc commencé à réfléchir à cette question. Quelques mois plus tard, alors que j’assistais à une conférence sur YouTube, j’ai été tout à coup frappée par l’idée que le cours que je donnais année après année pourrait être bien meilleur sous la forme de modules courts, d’excellente qualité, interactifs, dans un format vidéo que les étudiants pourraient regarder à leur propre rythme, au moment de la journée qui leur conviendrait le mieux. Ensuite, quand ces étudiants arriveraient en classe, je pourrais discuter avec eux plutôt que de leur réciter mon cours, nous pourrions vraiment interagir de manière active. 

Après Stanford, pourquoi tant d’établissements prestigieux ont-ils décidé de rejoindre Coursera ?

Je pense que les universités voient un certain nombre d’avantages à ce modèle. D’abord, il leur donne une visibilité exceptionnelle auprès d’un public global, mieux qu’aucune campagne de marketing ne pourrait le faire. Ensuite, je crois qu’on prend aujourd’hui clairement conscience du fait que le monde évolue clairement dans la direction de la formation sur Internet. Enfin, je pense que les universités souhaitent depuis longtemps faire évoluer le rôle des professeurs et rendre l’apprentissage en classe plus actif.

Que pensez-vous des nouveaux types d’apprentissage comme le blended learning, qui associe formation en présentiel et formation en ligne, et le flipped learning ou classe inversée, qui fait travailler les élèves en amont du cours ?

Je pense que ces types d’apprentissage donnent aux étudiants la possibilité d’acquérir des connaissances à leur propre rythme, d’étudier un concept en allant aussi loin qu’ils en ont besoin sans avoir l’impression qu’ils prennent du retard ou trop d’avance par rapport au reste de la classe. Je crois qu’on tient là une opportunité exceptionnelle de personnaliser l’expérience d’apprentissage, tout en conservant en même temps, puisqu’il s’agit de modèles mixtes, l’élément humain : des personnes se rassemblent pour collaborer à des projets, pour réfléchir, pour résoudre des problèmes de manière créative – ce qui reste un peu compliqué sur Internet.

Comment travaillez-vous, chez Coursera, pour aller encore plus loin dans ces formes d'enseignement ?

L’un des projets que nous développons actuellement est un système de petits groupes de travail qui prendraient place au sein des MOOC ouverts à tous. Les étudiants disposeraient d'un espace de travail partagé où ils pourraient par exemple prendre des notes, partager des idées et réfléchir ensemble autour d’un tableau blanc virtuel. Ils pourraient aussi réaliser des projets en commun qui donneraient lieu à une évaluation groupée. On pourrait aussi imaginer que certains groupes évaluent le travail d’autres groupes, ou que les membres d’un groupe évaluent les autres membres, leur donnent leurs impressions sur leur façon de contribuer à l’effort collectif, etc. De nombreux systèmes de ce genre pourraient être mis en place.

C'est assez magique de réussir à developper des projets collectifs dans un format MOOC, plutôt qu'en classe traditionnelle, parce que dans ce cas-ci le groupe est vraiment international. La personne avec laquelle vous allez travailler peut vivre dix fuseaux horaires plus loin, à l’autre bout du monde, appartenir à une culture ou à un milieu socio-économique complètement différents, être beaucoup plus jeune ou plus vieille que vous. Une telle diversité est rare, même dans les universités les plus ouvertes.

Nous avons aujourd’hui la possibilité d’utiliser la technologie pour offrir ces opportunités à un public beaucoup plus large. Pour nous, cette technologie peut véritablement changer le monde : l’éducation est l’outil le plus puissant qui soit pour la démocratie. Elle est ce qui permet de résoudre ou d’améliorer presque tous nos problèmes de société. Chacun des problèmes qui rongent les pays émergents – la mortalité infantile, la malnutrition, le chômage, les extrémismes, le sida, la surpopulation – peut être résolu par l’éducation. Imaginez tout ce qui pourrait aller mieux dans le monde si l’éducation était vraiment reconnue comme un droit fondamental pour tous !

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